Le projet a duré six mois. Les étapes de déploiement ont été respectées, les objectifs techniques atteints, le go-live validé dans les délais. Le consultant a remis ses clés et clôturé le dossier. Deux mois plus tard, la moitié des équipes stocke encore ses fichiers sur le serveur local. Les dossiers circulent toujours par email.
Et personne n’ose vraiment dire que la gestion électronique de documents ne sert pas à grand-chose, parce que tout le monde sait ce qu’elle a coûté.
Si cette scène vous parle, vous n’êtes pas seul. Elle se rejoue dans des dizaines d’entreprises chaque année, dans tous les secteurs, quelle que soit la solution déployée. Le problème n’est presque jamais technique. Les erreurs de paramétrage se corrigent, les bugs se patchent. Ce qui résiste, c’est l’humain. La comptable senior qui a ses habitudes de travail depuis quinze ans. Le responsable achat qui trouve l’ancien système plus rapide. L’équipe qui a subi le projet sans jamais vraiment comprendre pourquoi les processus allaient changer.
Déployer un logiciel GED en entreprise, c’est un projet technique. Faire adopter une solution de gestion documentaire, c’est un projet humain. La conduite du changement lors d’un projet GED, accompagner les équipes, faire vivre les nouveaux processus, éviter le retour aux vieilles habitudes, ça ne figure pas dans la documentation de l’éditeur.

Pourquoi la plupart des projets GED réussissent techniquement et échouent humainement
Selon McKinsey, 70% des projets de transformation digitale n’atteignent pas leurs objectifs (McKinsey & Company, 2021). La première cause n’est pas technique : c’est le manque d’adhésion des utilisateurs. Selon une enquête Culture RH de 2025, près d’un collaborateur sur deux vit ces transformations comme une contrainte subie, faute de sens ou d’accompagnement adapté. Ces chiffres ne sont pas une fatalité. Ils sont prévisibles. Et ce qui est prévisible peut être anticipé.
Pourquoi ça arrive ?
Parce que dans la plupart des projets, le succès se mesure au go-live. La solution est livrée, la recette est validée, le projet est clôturé. C’est une logique de déploiement parfaitement cohérente du point de vue technique. Mais ce qui se passe à J+30, J+60, J+90 : les contournements qui s’installent, les workflows ignorés, les équipes qui reviennent à leurs anciennes habitudes de travail, ne figure dans aucun reporting. Chez DIMO Démat, c’est précisément là que nous mesurons si un projet a vraiment réussi.
La cause racine est simple : les guides sur les étapes d’un projet GED s’arrêtent tous à la mise en production. La conduite du changement GED y apparaît comme une ligne dans le plan de déploiement : “prévoir des formations”. Sans méthode. Sans analyse des profils. Sans suivi post go-live. C’est insuffisant.
Cartographier les résistances avant de déployer : les 4 profils à identifier
L’erreur la plus fréquente dans un projet de dématérialisation consiste à attendre que la résistance se manifeste pour y répondre. À ce stade, il est déjà trop tard : les habitudes se sont reformées, les contournements sont installés, et revenir en arrière coûte plus cher que de bien faire dès le début.
Dans chaque déploiement de solution GED, nous retrouvons les mêmes quatre profils utilisateurs. Les identifier avant le go-live change tout à la façon dont on aborde la formation et la communication interne.
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Profil |
Comportement typique |
Ce qu’il faut faire |
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L’early adopter |
Curieux, enthousiaste, pose des questions avant tout le monde |
En faire un ambassadeur interne dès la phase pilote |
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Le sceptique constructif |
Soulève des objections légitimes, compare avec l’ancienne méthode |
L’impliquer tôt, ses retours améliorent le paramétrage |
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Le résistant silencieux |
Acquiesce en réunion, contourne en pratique |
Détecter via les indicateurs d’usage à J+15, adresser en entretien individuel |
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Le bloquant actif |
Exprime ouvertement son refus, influence les autres négativement |
Escalade vers le sponsor exécutif. Ne pas laisser sans réponse |
Cette cartographie se fait lors de la phase d’analyse et de cadrage du projet, idéalement lors des ateliers d’immersion avec les équipes. Elle oriente ensuite toute la stratégie de formation et de communication.
Le plan de communication interne : ce qu’on oublie systématiquement
Un projet GED touche tous les services et remet en question des habitudes de travail que certains collaborateurs ont construites sur des années. Pourtant, dans la majorité des projets qui ont échoué, la communication interne se résumait à un email du DSI annonçant le déploiement de la solution, envoyé deux semaines avant le go-live.
Parfois, un PowerPoint de 30 slides en réunion plénière. Et c’est tout. Ce n’est pas de la communication. C’est une notification. Et une notification ne crée pas l’adhésion.
Trois erreurs reviennent systématiquement, quel que soit le secteur.
Première erreur : communiquer trop tard. Annoncer le changement de processus quand il est déjà acté ne laisse aucune place à l’expression des craintes. Les équipes se sentent subir, pas participer. La communication doit démarrer dès la phase de cadrage du projet, bien avant qu’on leur montre le logiciel.
Deuxième erreur : communiquer trop technique. “Nous déployons une solution ECM basée sur un moteur d’indexation full-text” ne parle à personne sauf au DSI.
Ce que les équipes veulent savoir :
- Est-ce que mon travail quotidien va changer ?
- Est-ce que je vais perdre du temps ?
- Qui je contacte si j’ai un problème avec l’outil ?
Troisième erreur : ne pas avoir de sponsor exécutif visible. Un projet GED sans portage de la direction est perçu comme un projet IT parmi d’autres. Quand c’est le DAF ou le DG qui porte le message, et non seulement le DSI, le signal envoyé aux équipes est fondamentalement différent.
La réponse à tout cela tient en une question : combien coûte un projet de gestion documentaire dont personne ne se sert vraiment ? Six mois de déploiement, un budget logiciel, des journées de formation. Et à J+90, les équipes qui stockent toujours leurs dossiers sur le serveur local. Le coût d’un projet mal adopté est sans commune mesure avec le coût d’un accompagnement bien fait.
Investir sérieusement dans la conduite du changement n’est pas un poste de coût. C’est le meilleur retour sur investissement du projet : chaque friction traitée avant qu’elle ne devienne une habitude évite des semaines de reprise après coup.
Former différemment selon les profils : la fin de la formation en salle
La formation en salle trois semaines avant le go-live est le réflexe le plus répandu, et le moins efficace. Les utilisateurs oublient la majorité de ce qu’ils ont appris s’ils ne pratiquent pas rapidement sur leurs cas d’usage réels. Former en décembre pour un go-live en janvier revient à ne pas former du tout.
Pour répondre au mieux aux besoins de chacun, nous structurons la formation autour de trois temps, pas d’une session unique. L’objectif est de former par usage, pas par fonctionnalité.
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Moment |
Contenu |
Format |
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J-30 |
Présentation des nouveaux processus de gestion des documents, sans logiciel. Pourquoi ça change, comment ça change, quels avantages pour chaque service. |
Atelier métier, 1h, par service |
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J-7 |
Prise en main sur les cas d’usage réels du service. Uniquement les fonctionnalités utilisées au quotidien pour le traitement des dossiers. |
Formation pratique, petits groupes, sur poste |
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J+30 |
Retour terrain, corrections des contournements identifiés, approfondissement des fonctions sous-utilisées. Analyse des données d’usage. |
Session de suivi, early adopters en renfort |
La comptable qui traite 50 factures par jour n’a pas besoin de connaître les modules RH ni les fonctions d’archivage avancé. Elle a besoin de maîtriser parfaitement son workflow de validation des documents, et rien d’autre le premier mois.
Le rôle des early adopters identifiés en amont est décisif à ce stade. Former d’abord les ambassadeurs, puis les laisser accompagner leurs collègues, multiplie l’efficacité de la formation sans augmenter les coûts. Un pair qui répond “viens je te montre” vaut mieux que dix heures de formation descendante.
Les 3 semaines critiques après le go-live : ce qui se passe vraiment sur le terrain
Le métier d’un éditeur, c’est de concevoir la meilleure solution possible. Le nôtre, c’est de la faire vivre dans votre organisation. Et ce travail-là commence précisément au go-live, au moment où beaucoup de projets se considèrent terminés.
La première semaine, les équipes font des efforts. Elles utilisent le nouvel outil de gestion des documents parce qu’on leur a dit de le faire et parce que c’est nouveau.
La deuxième semaine, les premières frictions apparaissent : un document qu’on ne retrouve pas dans l’archivage, un workflow de validation qui bloque sur une approbation, une interface qui déroute. Sans accompagnement immédiat, le réflexe naturel est de contourner, juste pour cette fois, et le contournement devient une habitude.
La troisième semaine est décisive. C’est à ce moment qu’on voit si l’adoption de la solution est réelle ou si les équipes ont recréé les anciennes pratiques en parallèle. Les signaux concrets à surveiller : nombre de documents déposés dans la GED vs volume attendu, taux de traitement des workflows de validation, tickets support ouverts. Le plus révélateur : les emails contenant des pièces jointes qui auraient dû passer par la solution de gestion documentaire. Dans nos déploiements, un taux d’utilisation inférieur à 60% à J+21 est un signal d’alerte qui demande une intervention immédiate, pas une relance par email.
Sur le terrain, les contournements les plus fréquents ressemblent toujours à ça : la responsable comptable qui dépose quand même dans la GED mais garde une copie sur son bureau par sécurité. Le responsable achat qui valide les bons de commande par email parce que c’est plus rapide. L’assistante de direction qui n’a jamais trouvé la formation utile parce qu’elle ne traite que 3 types de dossiers et qu’on lui a montré les 47 fonctionnalités du logiciel. Ces situations ont toutes une solution simple, à condition d’être là pour les voir.
Le retour aux vieilles habitudes n’est pas un problème de motivation. C’est un problème de friction dans les processus. Si l’ancien système est plus rapide que le nouveau sur un cas d’usage précis, les équipes reviendront à l’ancien. Toujours. La mission de l’intégrateur à J+30, c’est d’identifier ces frictions une par une et de les éliminer, pas d’envoyer un email de rappel.
L’approche DIMO : un projet qui ne s’arrête pas au go-live
Chez DIMO Démat, la conduite du changement n’est pas une option dans notre offre. Elle est structurellement intégrée à notre méthode de déploiement de solutions GED, en quatre temps.
Phase 1 : Analyse et accompagnement. Avant d’ouvrir un logiciel, nous construisons avec vous une vision personnalisée et une feuille de route partagée. Nos consultants réalisent une analyse complète de vos processus documentaires actuels : cartographie des flux de documents, identification des dysfonctionnements, audit des pratiques de stockage et d’archivage, projection des gains attendus. C’est là que nous établissons la Charte Projet GED, un livrable concret qui sert de référence et d’outil de pilotage tout au long du projet.
Phase 2 : Intégration de la solution. Paramétrage adapté à vos métiers et à votre organisation, pas à un template générique. Nos consultants ont une double compétence métier et informatique : ils parlent le même langage que votre comptable et que votre DSI. C’est ce qui permet de construire des workflows de traitement des documents qui collent au terrain, d’intégrer la solution à vos outils existants, et de définir des plans de classement adaptés à votre activité.
Phase 3 : Déploiement maîtrisé. Formation sur site avec les utilisateurs par profil métier, suivi des tests par le consultant en charge du projet, et une phase d’hypercare au moment du go-live. Pendant les premières semaines en production, notre équipe est disponible pour traiter les frictions en temps réel, pas dans 72 heures via un ticket support.
Phase 4 : Support centre de service. Le projet de gestion documentaire ne se termine pas au go-live. Notre centre de services assure un support technique et fonctionnel continu, analyse régulièrement les données d’usage, et collecte les retours terrain pour faire évoluer les workflows et les paramétrages. L’outil doit grandir avec votre organisation, pas rester figé à sa configuration initiale.
“Le but du jeu avec DIMO Démat a été de reprendre le processus, le réécrire, savoir où nous en étions et où nous devions aller. La charte projet nous a fait changer d’avis sur notre processus existant et la manière dont nous envisagions les choses.”
Chef de projet GED, Beuchat. Déploiement DocuWare sur 90 utilisateurs, adoption rapide.
Faire appel à un intégrateur GED expert, c’est choisir quelqu’un qui sera encore là à J+90 pour s’assurer que le projet a vraiment changé quelque chose. Pas seulement livré. Vous avez un projet GED à venir ? Parlons-en avant que les mauvaises habitudes s’installent.
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Questions fréquentes
Combien de temps faut-il prévoir pour la conduite du changement dans un projet GED ?
Elle est transversale à tout le projet de déploiement, du cadrage au post-go-live. Comptez 20 à 30% du temps projet consacré à l’accompagnement humain. Pour une vision complète des étapes et du planning, consultez notre guide sur comment mettre en place une GED.
Comment mesurer que l’adoption de la solution GED est réussie ?
Trois indicateurs à suivre à J+30, J+60 et J+90 : taux de documents traités via la GED vs volume total du périmètre, taux de workflows de validation complétés sans intervention manuelle, tickets support en baisse. Et le plus révélateur : les early adopters font-ils encore spontanément office de référents ? Si oui, la dynamique est bonne.
Que faire si des utilisateurs refusent d’utiliser la GED après le go-live ?
D’abord analyser pourquoi avant d’escalader. Le refus cache presque toujours une friction concrète dans les processus : workflow trop complexe, cas d’usage non couvert, formation insuffisante sur un type de document précis. Un entretien individuel avec l’utilisateur et son manager règle souvent le problème. Si le blocage persiste, c’est le sponsor exécutif qui intervient, pas le DSI.


